LE SYSTEME FORTIFIE



A sa mort en 1553, Charles III, Duc de Savoie, laisse le pays dans un état de délabrement et de pauvreté épouvantable.

L'avènement de son fils Emmanuel Philibert va provoquer un remarquable revirement de situation, en particulier pour Villefranche.

Tirant les enseignements des tragiques événements du siège de Nice où aucun dispositif efficace n'a pu être opposé à l'ennemi venu par mer et par la rade de Villefranche en particulier, le duc de Savoie décide donc de fortifier celle-ci pour assurer la sécurité de ce port vital, et du pays niçois en général.
Il entreprend donc la construction d'un redoutable système de dissuasion constitué par une citadelle d'une part, le Mont Alban d'autre part.


En 1557, Emmanuel Philibert remet à son fidèle compagnon André Provana de Leyni une provision de 20 000 écus pour commencer la construction d'une "fortezza formidabile" à Villefranche. Le Mont Alban et la citadelle St-Elme sont construits selon les nouvelles normes de fortification.

En effet, l'usage de la poudre se développe à partir de 1350. Mais à partir de 1430 intervient un fait déterminant et révolutionnaire pour la construction des forteresses : l'apparition à peu prés simultanée de pièces d'artillerie légères et puissantes, d'affûts plus maniables et surtout de projectiles en fonte ou en bronze, capables de disloquer la maçonnerie des murailles.

Les ingénieurs se trouvent obligés d'imaginer une parade à l'évolution de l'artillerie. Après de nombreux tatonnements, ils élaborent un nouveau type de fortifications reposant sur deux grands principes : le rempart rempli de terre et le tracé bastionné sans angle mort; deux principes qui s'illustrent parfaitement dans la citadelle et le Mont Alban.

Les moyens d'intervention des deux forteresses sont élargis et complétés par la création du bassin de la Darse destiné à abriter la première flotte de guerre de Savoie.


Plan de la Darse de Villefranche


Jetée de la veille Darse


Rail de pivotement pour artillerie lourde. Jetée de la Darse

Les écus confiés en 1559 à Provana de Leyni servent non seulement à la construction des deux forts mais encore à mettre à flot et à armer les premiers éléments d'une marine de guerre savoisienne.
En 1560, vraisemblablement trois au moins, et peut-être quatre galères sont placées sous son commandement.


Anneau d'amarrage des Galère de Savoie.
Darse de Villefranche