Historique des villas niçoisesLa dédition du Comté de NICE à la Maison de Piémont-Savoie en 1388 allait avoir des conséquences très importantes pour l’image architecturale de NICE. Tout particulièrement, c’est en 1814 la mise en œuvre du premier plan régulateur d’Urbanisme (le plan Scoffier) par le Consiglio d’Ornato, créé par le roi Charles-Félix de Savoie, à l’instar du Conseil des Ediles de la ville de Turin, qui oriente de manière décisive l’extension de la cité. Une autre influence va au cours des siècles se combiner avec la précédente : celle de GENES et de la Ligurie voisine, fruit de relations commerciales ou familiales continues.
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Le second événement majeur se produira dans les années 1830-50 et culminera à la Belle Epoque quand NICE devient, le temps d’une saison , l’hiver, la capitale de l’Europe. Les riches hivernants, financiers russes ou aristocrates anglais, artistes, savants ou anciens généraux de l’armée des Indes vont concrétiser leurs rêves d’Orient ou de Méditerranée grécolatine en édifiant sur la Riviera leurs somptueuses demeures de villégiature : palais orientaux et châteaux anglais, « folies » et « turqueries », villas néo-classiques et « cottages » anglais. Ces somptueuses demeures sont édifiées le plus souvent sur les collines, dominant la mer au milieu de jardins d’agrément à la végétation exubérante : le Mont Boron, Cimiez, les Baumettes ou Fabron : ces villas constituent un véritable musée « in situ » de l’histoire des styles et des modes de l’architecture.
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A partir de 1890, la poussée urbaine vers le nord de Nice va créer de nouveaux quartiers de villas plus modestes : Saint-Barthélemy, Saint-Sylvestre, etc...Les palais d’exception des riches hivernants sont copiés à une échelle plus réduite par ces villas bourgeoises qui en conservent sinon la folle richesse et la fantaisie, du moins les principales caractéristiques : portail d’entrée en ferronnerie entre deux piliers en pierre taillée, pergola surplombant l’accès, recouverte d’une glycine ou d’une vigne- vierge, façade principale avec un perron d’accès au sud, jardin d’agrément planté d’agrumes et d’essences exotiques, etc... Cette urbanisaton de « villas » va se poursuivre dans les « années foles » de l’entre-d’eux guerres avec deux composantes supplémentaires au niveau du style : les villas issues du courant « moderne » et celles du courant « régionaliste ». Quelques demeures d’exception et de riches villas vont encore voir le jour mais les constructions les plus nombreuses ne seront que des pavillons plus modestes édifiés dans des lotissements ou sur les collines des environs de Nice par des niçois de souche ou d’adoption : pour la plupart de ceux-ci, des émigrants italiens enrichis par un dur labeur dans les métiers du bâtiment ou de l’hôtellerie.
Les façades de ces petites villas vont marquer le retour aux couleurs d’origine de l’ancien Comté de Nice : les ocres jaune et rose, les bleu, les rouges « sarde » pour les fonds de façades, les ocres jaune et les teintes « pierre » pour les reliefs qui seront le plus souvent peints en trompe-l’œil suivant le goût ligure ; les frises florales peintes « à fresco » ou gravées suivant la technique du « sgrafito » seront l’essentiel des décorations polycromes. Art décoratif populaire, personnalisation d’un environnement immédiat, ces frises décoratives témoignent du souci esthétique de leurs constructeurs et sont par leur ampleur un cas unique en France.