La Ville Blanche
A partir de 1820, la vague du tourisme hivernal des aristocrates
et des intellectuels de toute l’Europe va modifier radicalement
l’image de la ville avec la création des grands hôtels et de
somptueuses villas : la ville « blanche » s’édifie sur le bord de mer
d’abord (le « hameau » anglais de la Croix de marbre), sur la colline
de cimiez ensuite, et dans le quartier de la gare enfin, NICE qui
avait 26 000 habitants rn 1822, en compte 48 000 en 1864.
Pourquoi ce blanc caractéristique de la ville nouvelle ?
Pour deux raisons principales :
- La ville anglaise d’avant 1860 a construit ses résidences, ses
palaces, ses villas en empruntant aux pays chauds leurs architecture
majoritairement blanche : avec ses patios, ses minarets,
ses colonnades qu’elle mêle au goût « éclectrique » de l’époque.
L’orientalisme est en effet un style à la mode depuis DELACROIX et
Th. GAUTIER et les expositons internationales dont l’un des buts
est de révéler au grand public les succés économiques des pactes
coloniaux. Cette mode va s’amplifier grâce aux anciens administrateurs,
militaires ou commerçants qui voudront recréer en Europe un
environnement exotique : le climat et la végétation de la Côte d’Azur
en feront un lieu privilégié de développement.
- L’emploi d’un matériau local de très bonne qualité : une pierre
« blanche » calcaire dite « pierre de la Turbie » extraite dans des
carrières environnantes de NICE (Gairaut, Falicon, Saint-André ou
Beaulieu). Après 1860, l’influence du Baron HAUSSMANN et de la
mode « parisienne » puis à paritr des années 1920 celle du Mouvement
moderne en architecture ne feront qu’accentuer ce parti pris de Nice
sa physionomie définive de cité méditerranéenne « blanche ».