Le choix d'enduire

En fonction des joints :
Les pierres hourdées sans soin, à joints larges et irréguliers, dites de "tout-venant", servent de remplissage et doivent être enduites. Les joints poreux et les pierres tendres sont ainsi protégés. Les façades en pierres de taille à joints minces sont laissées pierre à nu.

En fonction des arrets de maçonnerie :
Les encadrements en relief par rapport au nu du mur présentent souvent des prises en retrait engagées dans la maçonnerie et au même nu. Cette disposition traduit la volonté de cacher l'irrégularité de ces prises sous un enduit : il convient d'enduire. De même quand une maçonnerie tout venant existe au pourtour de ces encadrements de pierre de taille (voir photo au centre en bas :hotel particulier Wllléme,Rue Portalet).

Les façades sans encadrement de pierre :
Aux arrêts de maçonnerie en bois (linteaux) ou jambages maçonnés (parfois en briques,voir photos), sont également à enduire à la chaux pour assurer la protection du bois ou des joints des jambages.

LES FACADES EN
ENDUIT-CIMENT

Ce sont des façades réalisées avec un enduit non pas "à chaux et sable" mais un mortier de ciment teinté dans la masse par un sable ainsi que d'autres éléments, tels que briques pilées, graviers ou recoupes de pierres. Ces enduits ciments étaient produits sur catalogue par les cimentiers de la région provençale eux mêmes. Ce procédé remonte à la moitié du XIX ème siècle : il est répandu de manière diffuse dans toute la Provence. Ces façades doivent être restaurées car elles sont une charactéristique de l'image de la ville historique.
Au niveau chromatique elles sont très intéressantes car elles constituent en fait un retour à des teintes issues directement du paysage : les beiges, beiges-rosés ou gris-beiges des terres et sables locaux. Ces enduits étaient la plupart du temps gravés "a fresco" pour dessiner des bossages, encadrements, faux appareils, etc... de style néo-classique. Photos : exemple de ces façades à Hyères, place Massillon, rue Portalet ou rue Fenouillet; sur la gauche une façade dans la même gamme chromatique, datant du XIXème siècle, réalisée au ciment naturel également mais avec une technique différente : les fonds sont à la "tyrolienne". Cette façade mérite aussi une conservation en l'état comme témoignage d'une époque.